Bilan contrôle technique moto

Contrôle technique moto : 6 mois après, le grand bluff ?

Six mois. C’est le recul que nous avons désormais sur l’une des réformes les plus contestées du monde du deux-roues en France. Souvenez-vous : on nous prédisait des centres de contrôle pris d'assaut, une hécatombe de motos recalées pour "bruit" ou "pollution", et un boycott massif de la part des motards en colère.

Pourtant, en ouvrant les carnets de chiffres des réseaux comme Dekra, Autosur ou Securitest, la réalité est bien loin du chaos annoncé. Est-on face à un grand bluff administratif ? Entre les taux de contre-visite dérisoires et l’impact quasi nul sur la sécurité routière, décryptage d’un premier bilan qui dérange.

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Des chiffres de réussite qui frisent l'absurde

Le premier choc vient des statistiques de passage. Alors que les détracteurs du contrôle technique (CT2RM) craignaient que le parc français ne soit jugé "hors d'usage", les premiers taux de réussite sont tombés : près de 90 % des motos passent l'examen du premier coup. Ce chiffre est crucial. Il démontre une chose que les motards hurlent depuis des années : un motard tient à sa vie, et donc à sa machine. Contrairement aux automobilistes qui considèrent parfois leur véhicule comme un simple déplaçoir, le motard entretient passionnément sa monture. Résultat, les défaillances critiques sont rarissimes. On se retrouve donc avec une taxe de 50 à 70 euros pour confirmer ce que tout le monde savait déjà : les motos qui roulent sont globalement en excellent état.

Le boycott : un pétard mouillé ?

La Fédération Française des Motards en Colère (FFMC) avait appelé au boycott et au recensement des centres "boycottés". Si la mobilisation reste forte symboliquement, les chiffres montrent que les propriétaires de motos anciennes ou ceux souhaitant vendre leur machine ont majoritairement franchi le pas.

Cependant, le "grand bluff" se situe dans le volume global. On note une certaine inertie : beaucoup de motards attendent le dernier moment ou parient sur l'absence de contrôles routiers ciblés. L'hécatombe de PV n'a pas eu lieu, renforçant ce sentiment d'une réforme "tigre de papier" qui peine à s'imposer dans les mœurs.

Sécurité routière : le maillon faible de l'argumentaire

L’argument massue de l’État et des associations environnementales était la sécurité. Pourtant, six mois après, les experts ne parviennent à établir aucune corrélation entre la mise en place du contrôle et une baisse de l'accidentalité.. Et pour cause : les rapports (notamment l'étude MAIDS) indiquent depuis longtemps que l'état technique du véhicule est en cause dans moins de 1 % des accidents de deux-roues.

Le contrôle actuel, visuel pour l'essentiel, ne vérifie pas la profondeur de la mécanique mais l'aspect sécuritaire superficiel (pneus, éclairage, freins). Beaucoup d'experts s'interrogent : payer pour vérifier si une ampoule fonctionne, est-ce vraiment de la sécurité routière ou une simple manne financière pour les centres de contrôle ?

L'absurdité des points de contrôle

Ce qui n'est pas (encore) contrôlé constitue aussi le "grand bluff". Le test de pollution et le contrôle du niveau sonore, qui devaient être les piliers écologiques de la réforme, sont encore sujets à caution ou appliqués avec une grande souplesse selon les centres. De nombreux motards rapportent des contrôles "express" où la vérification du bridage ou de l'échappement reste très évasive, faute de matériel de pointe dans tous les centres.

FAQ : Tout savoir sur le bilan du CT Moto

Quel est le taux de contre-visite actuel pour les motos ?

Il se situe autour de 10 à 12 % selon les premiers bilans des réseaux, soit un taux bien inférieur à celui des voitures (environ 20 %). La majorité des refus concerne les pneumatiques usés ou l'éclairage.

Le contrôle du bruit est-il vraiment appliqué ?

Bien que prévu, le contrôle sonométrique est encore en phase de déploiement technique. Beaucoup de centres effectuent une vérification visuelle de l'homologation de l'échappement (présence du "E" et du DB-killer) sans mesure de décibels précise.

Est-ce que le boycott des motards continue ?

Oui, la résistance s'organise toujours via des plateformes de recensement des centres partenaires ou non. Cependant, pour toute transaction de vente, le CT est devenu une obligation légale difficile à contourner.

Quels sont les points les plus souvent recalés ?

En tête de liste, on retrouve l'état des pneumatiques, le fonctionnement des feux de signalisation et, plus surprenant, la lisibilité ou le format de la plaque d'immatriculation.

 

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