Renault Scénic E-tech. Véhicule éléctrique privés de bonus en 2024

Les véhicules électriques privés de bonus en 2024 : quels impacts sur le marché ?

Le gouvernement français envisage de supprimer progressivement le bonus écologique des véhicules électriques d'ici 2024. Cette décision, qui suscite déjà de nombreuses réactions, pourrait avoir des conséquences majeures sur l'évolution du marché automobile et le choix des consommateurs vers une mobilité plus propre.

Suppression progressive du bonus écologique

En France, l'achat d'un véhicule électrique ouvre actuellement droit à une aide financière sous la forme d'un bonus écologique.

Le montant de cette aide varie en fonction du prix du véhicule et de ses caractéristiques, comme son autonomie par exemple. Les véhicules électrique d'occasion ont également un bonus écologique.

Pour un modèle tel que le Dacia Spring 45 Essential, par exemple, il est possible de bénéficier d'une remise potentielle allant jusqu'à 7 000€ grâce à ce dispositif.

Toutefois, dans le cadre du projet de loi de finances pour 2022, le gouvernement a annoncé sa volonté de mettre fin à ces aides pour les particuliers d'ici 2024.

La suppression du bonus devrait se faire de manière progressive : dès l'année prochaine, le montant maximum du bonus passera à 5 000€ pour ensuite être diminué chaque année jusqu'à disparaître totalement en 2024.

L'impact sur le marché automobile électrique

Les effets de cette mesure sont complexes à anticiper, notamment parce qu'ils dépendront des choix des constructeurs et de la réaction des consommateurs à cette annonce. Cependant, plusieurs scénarios peuvent être envisagés.

Baisse des ventes de véhicules électriques

L'un des principaux risques liés à cette suppression du bonus écologique est une possible baisse des ventes de véhicules électriques sur le marché français.

En effet, pour certains acheteurs, l'octroi de ce bonus représentait un avantage financier significatif qui les incitait à opter pour un modèle électrique plutôt qu'un modèle thermique. Sans cette aide, ils pourraient donc se tourner vers d'autres types de motorisation.

Augmentation des prix des véhicules électriques

D'autre part, il est également possible que la suppression progressive du bonus écologique entraîne une augmentation des prix des véhicules électriques.

Les manufacturiers devront sans doute trouver d'autres moyens pour compenser la perte de ce dispositif incitatif et continuer ainsi à vendre leurs modèles électriques en nombre suffisant.

Certains pourraient ainsi se concentrer davantage sur l'amélioration des performances, au détriment du positionnement tarifaire.

Les effets sur les inégalités territoriales

La suppression du bonus écologique pourrait aussi accentuer les inégalités entre les différentes régions françaises. En effet, certaines collectivités territoriales proposent déjà leur propre dispositif d'aides à l'achat de véhicules électriques, en complément du bonus national.

C'est par exemple le cas en Île-de-France, où il est possible de bénéficier d'une aide allant jusqu'à 5 000€ pour l'achat d'un véhicule neuf en remplacement d'un ancien modèle polluant.

Si le bonus national venait à être supprimé, les différences entre les régions deviendraient encore plus marquées, avec des aides locales qui continueraient d'exister dans certaines zones, tandis que d'autres seraient privées de tout dispositif incitatif.

Cela pourrait conduire à une répartition inégale du parc automobile électrique sur le territoire français, alors même que l'objectif affiché par le gouvernement est d'accélérer la transition vers une mobilité plus durable et responsable.

Dacia Sping bonus écologique 2024

Vers une adaptation des politiques publiques

Cette suppression progressive des bonus écologiques soulève la question de l'adaptation des politiques publiques en matière de soutien à la transition énergétique et à la promotion des modes de transports moins polluants.

Il semble incontestable que l'État français devra mettre en place d'autres mesures pour inciter les particuliers à opter pour des véhicules électriques, surtout si l'on considère l'ambition nationale de bannir les voitures thermiques dès 2040.

Pour y parvenir, différentes pistes peuvent être explorées, comme par exemple renforcer les primes à la conversion pour encourager la mise au rebut des véhicules les plus anciens et polluants, ou bien développer des offres d'auto-partage et de location longue durée spécifiquement dédiées aux véhicules électriques, permettant aux consommateurs d'accéder plus facilement à ce type de mobilité sans avoir à en faire l'acquisition.

Enfin, il convient aussi de ne pas négliger le travail nécessaire sur les infrastructures et notamment la mise en place d'un réseau national dense de bornes de recharge électrique, qui constitue un élément clé dans la réussite du déploiement des véhicules électriques sur l'ensemble du territoire français.

Une décision controversée

La suppression progressive des bonus écologiques suscite bien sûr de vives réactions auprès des acteurs concernés et du grand public.

Si certains estiment que cette mesure était nécessaire pour réduire les coûts liés à ces aides, d'autres craignent qu'elle n'ait des effets contreproductifs sur le développement de la mobilité électrique en France, alors même que les enjeux environnementaux et climatiques sont de plus en plus préoccupants.

Reste à voir si le gouvernement parviendra à mettre en place un dispositif alternatif suffisamment incitatif pour prendre le relais des bonus écologiques supprimés, et ainsi permettre au marché des véhicules électriques de continuer à croître et se démocratiser auprès du grand public.

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